samedi 28 juin 2008

Distilbène - Article de France Soir

Voici un article publié dans l'édition de France Soir d'hier soir :

Distilbène Le Combat de Marie-Elise (clic pour voir l'article en ligne que je retranscris ici)

"Le Distilbène, commercialisé dans les annnées 70, était censé empêcher toute fausse couche. C’était compter sans ses effets secondaires.

Marie-Elise a maintenant 43 ans. Avant sa venue au monde, sa mère, comme beaucoup d’autres femmes, a pris du Distilbène, un œstrogène de synthèse pour prévenir les risques de fausse couche. Un produit dit révolutionnaire. Un gynécologue américain est à l’origine de sa découverte. Des recherches avaient montré que lors de fausses couches le taux des hormones œstrogènes des femmes, qui sont sécrétées en grande quantité lors d’une grossesse, était très bas. De là, la solution semblait logique : injecter des œstrogènes. Simple. Sans doute trop.

Des séquelles à vie
Marie-Elise a développé à l’âge de 21 ans un cancer très agressif. Depuis, c’est une lutte permanente. En tout, elle a subi 42 anesthésies générales, 18 opérations et 7 fausses couches. Elle a miraculeusement donné naissance à une petite Emmylou. Mais elle souffre constamment de problèmes aux reins et à la vessie, et autres douleurs dans le ventre, qui ne lui permettent pas de vivre normalement. Elle ne peut pas rester debout trop longtemps, est vite fatiguée et a parfois des difficultés à marcher.

Retiré en partie du marché
Aujourd’hui, le Distilbène est toujours commercialisé, mais interdit aux femmes enceintes. Il est maintenant prescrit aux hommes souffrant de la prostate. En 1952, lors de sa commercialisation, ce produit avait suscité de sérieux doutes aux Etats-Unis avec une étude qui remettait en cause ses effets bénéfiques. Il semblerait même qu’il soit au final facteur de fausses couches ! En 1971, il est finalement retiré des marchés canadien et américain. En France, il faudra encore attendre 1975 pour qu’il soit retiré des ventes. En revanche, on a continué à le distribuer dans les pays sous-développés. Il aurait même été utilisé pour nourrir les volailles des élevages industriels afin qu’elles se reproduisent mieux. Le laboratoire qui fabriquait le Distilbène, UCB Pharma, n’a pu être joint. Ni par France-Soir, ni par Marie-Elise, ni d’autres victimes. L’avocat de cette dernière, Me Verdier, a par ailleurs assuré que le laboratoire ne souhaite pas commenter cette affaire.

Déboutée
Après des années de combat, Marie-Elise obtient réparation : le 26 janvier 2007, elle obtient une indemnisation de 200.000 euros. Une victoire… au goût amer : quelque temps plus tard, la cour d’appel de Versailles casse ce jugement. La raison : elle était dans l’incapacité de fournir un document source, à savoir l’ordonnance de sa mère prouvant que cette dernière avait bien pris du Distilbène. Les témoignages de médecins, les expertises sur l’état de santé de Marie-Elise et les autres documents du dossier n’ont pas suffi. « Qui peut conserver une ordonnance qui date de plus de quarante ans ? Ils savent très bien que nous ne sommes pas en mesure de leur fournir le papier et ils jouent là-dessus », s’indigne aujourd’hui Marie-Elise. Résultat, elle doit restituer l’argent qu’elle avait perçu et régler elle-même ses frais de justice. Pour elle et les autres victimes, cette décision est « monstrueuse ». Certains dossiers passeront en cassation au dernier trimestre 2008. Marie-Elise, elle, devra attendre jusqu’en 2009 pour que son dossier soit de nouveau examiné."

N.B : Contrairement à ce qui est indiqué dans l'article, le Distilbène n'a été interdit à la prescription chez la femme enceinte qu'en 1977 (et pas 75)

4 commentaires:

  1. PAS POSSIBLE !!!!!

    Lili78

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  2. Une fois de plus... Tant mieux si les médias en parlent de plus en plus, et le parti pris est le bon... donc je croise les doigts que cette injustice tourne dans le bon sens... :trefle:

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